Le don d’organes est un sujet sur lequel subsiste un malaise, voire même un tabou, même encore à notre époque. En effet, il évoque le deuil, le fait de toucher à l’intégrité physique d’une personne, il peut également avoir trait à des questions de religion, même si les principales religions monothéistes sont favorables au don d’organe car la préservation de la vie compte avant tout.
Le don d’organes, c’est aussi se placer dans la position du receveur. Chaque personne peut être amenée, au cours de sa vie et de ses aléas, à devenir demandeur un jour.
Il existe plusieurs types de dons : des dons d’organe mais aussi des dons de tissus, tels que l’os ou le placenta. De même le don peut aussi être effectué de son vivant : cela représente 5% des greffes et concerne essentiellement les greffes de rein.
Concrètement, comment faire pour être donneur ?
Ce qui prévaut dans tous les cas, c’est d’en parler à ses proches, de s’être clairement manifesté comme étant pour le don de ses organes s’il arrivait quelque chose. En effet, avant d’entreprendre tout prélèvement, les équipes consultent obligatoirement les proches du défunt pour s’enquérir de l’opposition ou de l’accord de la personne. Le plus important, c’est donc d’en parler.
Qui peut-être donneur ?
Dans l’absolu, tout le monde peut être donneur. Il n’y a pas de limite d’âge, et il n’y a pas de contre-indication médicale spéciale en cas de maladie : dans tous les cas ce sont les médecins qui jugent au cas par cas du prélèvement de chaque organe. En revanche, il faut savoir qu’en France, ce n’est qu’en cas de décès survenu à l’hôpital et suite à une mort cérébrale que le don d’organes pourra être envisagé. Cela représente moins d’1% des décès en milieu hospitalier, les occasions sont donc très rares et cela représente pourtant 95% des greffes réalisées en France.
Comment cela se passe t-il pour le receveur ?
Les receveurs potentiels sont inscrits sur la liste nationale d’attente de greffe gérée par l’Agence de biomédecine, sur laquelle on classe les personnes selon de nombreux critères dont le degré d’urgence et la compatibilité avec le donneur. Les listings sont anonymes, c'est-à-dire que la famille du donneur ne peut entrer en contact avec celle du receveur ou inversement. En revanche, l’équipe médicale pourra dire à la famille du donneur, si elle le souhaite, si les greffes ont réussi.
Quelles actions les cliniques mènent-elles vis-à-vis du don d’organes ?
Les cliniques ont avant tout une mission d’information :
- à l’échelle de leurs patients afin que les gens se posent davantage la question du don d’organes, via des affichages pour sensibiliser le public ou l'insertion d'une rubrique dédiée dans le livret d'accueil des cliniques
- à l’échelle de l’équipe médicale, qui suit une formation spécifique notamment pour les sensibiliser à la façon d'aborder le sujet du don d'organes avec les familles de donneurs potentiels, dans la douleur, d'autant plus que la question se pose quasiment toujours dans des situations de décès très subit
Le don d’organes en chiffres
4 580 greffes ont été réalisées en 2009
1 481 personnes ont été prélevées
14 403 personnes ont eu besoin d'une greffe en 2009
250 malades sont décédés faute de greffe
(source : Agence de biomédecine)
Pour plus d'information, voir aussi le site http://www.ledonlagreffeetmoi.com/
Et vous ? Avez-vous fait votre choix ? L'avez-vous exposé à votre famille ?


[...] This post was mentioned on Twitter by Florence Darnon and Eric Calmels, Florence Darnon. Florence Darnon said: Et vous, le don d'organes, êtes-vous pour ou contre ? En avez-vous déjà parlé ? http://bit.ly/bdgnmc [...]
sujet crucial sur lequel les experts sont très attentifs lors des visites d’accréditation, puisque qu’ils demandent ce qui est mis en place au niveau de l’établissement pour sensibiliser les patients et leurs familles sur ce thème
est-ce qu’on peut préciser quel organe on ne veut absolument pas donner? ça peut sembler bête mais j’aimerais pas savoir qu’on me prélèvera les yeux…:( alors que les reins, ou les poumons me paraissent plus simple à donner… c’est bête quand on y pense, après tout, une fois qu’on est parti on est parti non… cette projection dans l’après vie est compliquée! mais en tout cas, ça fait réfléchir et je trouve bien d’en parler, surtout si ça permet de sauver d’autres vies…
opticien-optométriste de métier, je peux confirmer qu’il existe un malaise sur le don d’organes, et tout particulièrement, sur le don de cornée. La greffe de cornée peut être la solution a de nombreuses pathologies oculaires, mais elles se font très rares.
Vous dites que l’on touche à l’intégrité d’une personne en lui prélevant un organe; en lui prélevant ses “yeux”, on lui enlève sa personnalité. Beaucoup de familles de défunts refusent ainsi d’effacer ce qui caractérisait le plus leur proche : son regard.
Choix difficile.
Pour plus d’information et demander sa carte de donneur, n’oubliez pas de visiter le site de la fédération nationale des associations pour le don d’organes http://www.france-adot.org
Et si vous avez du temps vous pouvez devenir bénévole au service de cette cause de solidarité.
“Jean-Louis, merci pour votre commentaire et pour l’information. Etes-vous, vous-même, bénévole au sein de l’Association pour le Don d’Organes et de Tissus humains (Adot) ? Je sais qu’après la mort tragique de Grégory Lemarchal, les demandes de cartes de donneur d’organe ont augmenté. Qu’en est-il aujourd’hui ? Merci de nous donner des précisions.”