Si les praticiens du privé ont bien sûr pour objectif premier la santé de leurs patients, on les accuse souvent de penser en priorité aux retombées financières des consultations et/ou opérations liées à leur statut de spécialiste.
Cependant et fort heureusement, il reste encore des médecins dont les initiatives viennent contredire ces simples considérations financières.
Kap@ Blog interviewe le Dr Jean Hervé Simonnet, chirurgien orthopédiste à la clinique Toutes Aures de Manosque.
Comment avez-vous eu l’idée de participer à des missions humanitaires ?
Le métier de Chirurgien spécialiste demande une longue phase d’apprentissage avant que le praticien ne procède à son installation, se fasse connaître pour acquérir sa clientèle, opère et soit reconnu au terme d’années de travail. Au bout du compte, j’ai eu envie de voir autre chose, de participer à d’autres challenges dans des conditions de travail différentes de celles que l’on connaît en Europe. Lorsque l’on décide de partir faire des missions humanitaires, il y a évidemment le côté don de soi, l’envie de se rendre utile d’une part, mais aussi le côté réalisation personnelle qui est important.
Concrètement, comment s’organise une mission pour un chirurgien qui souhaite partir en mission humanitaire ?
Les missions sont encadrées, la plupart du temps par des associations, et organisées en accord avec les structures / autorités locales. L’équipe qui part en mission est constituée des postes suivants : chirurgien, anesthésiste, infirmier(e) et kinésithérapeute. Enfin, il est absolument nécessaire que le suivi des interventions menées sur place dans le cadre des missions humanitaires soit ensuite assuré localement,sans quoi la mission perd de son efficacité.
Pour ma part, je fais partie de l’Association Humaniterra International, qui est une ONG d’aide chirurgicale intervenant notamment au Bangladesh, au Cambodge, en Afghanistan, en Haiti… L’association, outre sa vocation à soigner, a aussi développé une mission d’amélioration des structures locales (construire ou restaurer les structures sanitaires) et d’enseignement.
Et financièrement, comment cela se passe t-il ?
Les membres de l’association sont quasiment tous bénévoles, hormis quelques personnes qui sont des employés administratifs permanents. Pour les autres et notamment les équipes médicales, les missions sont effectuées bénévolement. Au final, les missions humanitaires s’avèrent même coûteuses pour l’équipe médicale, non seulement en temps mais aussi au niveau financier. En effet, une partie des frais sur place ainsi que des billets d’avion sont à la charge des membres de l’équipe. Pour le matériel, le groupe Kapa nous apporte une aide logistique appréciable.
Quels défis rencontrez-vous sur place ?
J’ai déjà effectué plusieurs missions de 2 à 3 semaines au Cambodge et au Bangladesh, qui est un des pays les plus pauvres au monde. Autant dire que les interventions dans ces pays particulièrement démunis sont de vrais défis : il s’agit parfois de réaliser avec peu de matériel des interventions pratiquées en Europe avec des appareils de haute technologie (au microscope ou avec l’assistance d’un ordinateur).
On apprend à penser différemment, à mieux mesurer les bénéfices et risques liés à une intervention en fonction des conditions sanitaires locales, à ne pas se lancer dans une intervention trop compliquée vu le suivi post opératoire souvent rudimentaire…
Exercer dans de telles conditions nous apporte également beaucoup techniquement : on devient plus habile parce qu’on a l’expérience de faire beaucoup avec peu de moyens, on est moins déstabilisé en cas de conditions difficiles, on gagne en réactivité pour apporter des solutions techniques si l’on rencontre des étapes difficiles…
Quelle est votre plus belle récompense ?
Le plaisir de rendre service et de voir que les gens sont contents. Ces personnes n’ont pas habituellement accès aux soins, n'ont ni sécurité sociale ni arrêt de travail. Leur rendre la fonction par une opération leur permet de retrouver un statut social, fonder une famille, vivre. Leurs sourires, la joie qu’on lit dans leurs yeux et ceux de leur famille sont des gratifications inestimables.
Interview du Dr Jean Hervé Simonnet, chirurgien orthopédiste à la clinique Toutes Aures de Manosque, réalisée par Kap@ Blogueuse.
Pour trouver les informations relatives à Humaniterra, vous pouvez consulter le Blog du Dr Simonnet


Je voudrai aussi partir en mission humanitaire parce que j’aime bien aider les autres, coment faut il faire ?
@gwen : Bienvenue sur le blog et désolée pour la réponse tardive ! Pour répondre à votre question, partir en mission humanitaire requiert un certain nombre de démarches, car les missions humanitaires doivent être encadrées par des associations. En conséquence, un départ en mission humanitaire doit relever d’une décision mûrement réfléchie.
Dès lors, plusieurs options s’offrent à vous :
- si vous avez entre 18 et 35 ans, et dans l’idée de partir plutôt pour une mission courte (minimum 2 semaines), les chantiers humanitaires (camps d’été) constituent une bonne option. Aucune compétence particulière n’est exigée, mais certains organismes demandent aux candidats de suivre une formation préalable. La plupart du temps, les frais d’adhésion, de transport, logement, nourriture etc sont à la charge des participants
- si vous souhaitez vous engager sur une mission de plus long terme, vous pouvez effectuer un volontariat de solidarité internationale, dans le cadre d’une mission organisée par une association humanitaire agréée par le ministère des affaires étrangères (voir la liste ici). L’organisation conclura alors avec vous un contrat d’une durée d’1 à 6 ans, et vous assurera une formation, une indemnité, la prise en charge des frais de voyage..
- dans tous les cas, soyez vigilant(e), car bon nombre d’abus existent dans le domaine, tournez-vous donc de préférence vers les ONG agréées et gardez à l’esprit que la plupart du temps les missions humanitaires s’effectuent aux frais des bénévoles.
[...] Lire le reste de l’interview sur le site de Kapa Santé. Lire également le dossier réalisé par Kapa Santé sur le développement durable et les entreprises de santé. [...]
Bonjour,
Si vous êtes professionnel de la santé vous pouvez aussi choisir de partir dans les Missions de Projects Abroad PRO: c’est vous qui choisissez votre mission, le pays d’action et la durée ( minimum 2 semaines).
http://www.projects-abroad-pro.fr/
Ce sont des missions individualisées qui vous permettent d’avoir une première expérience de terrain avant de vous lancer dans une mission plus longue !