Vous avez dit "pénible"?
Si parmi les principales mesures du projet de réforme des retraites du Gouvernement apparaît la reconnaissance de la "pénibilité" du travail qui permettrait d'obtenir sa retraite anticipée, il semble que les critères déterminant cette pénibilité ainsi que les secteurs d'activités concernés par ce droit ne soient pas assez clairement établis pour satisfaire le plus grand nombre. Les grèves et mobilisations massives de ces derniers jours ont ainsi vocation à dénoncer, d'une part, le mode d'évaluation de ces facteurs de pénibilité, mais également la sélection des métiers concernés (10 000 travailleurs selon le Gouvernement, soit une infime proportion de la population active).
Le monde médical n'est pas en reste
Pour certaines professions, la question ne se pose pas car il semble facile d'admettre qu'un ouvrier qui a passé 40 années dans le bâtiment soit "usé" et fatigué par des douleurs. En revanche, pour les activités dont les effets sur la santé sont plus insidieux (stress, insomnies, dépression, fatigue chronique, état anxieux…) et qui ne se voient pas avant un certain âge, l'évaluation du degré de pénibilité -et donc le pourcentage d'incapacité diagnostiqué qui offrira la possibilité d'obtenir une retraite anticipée- devient discutable.
C'est ainsi que le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes Réanimateurs Elargi (SNPHAR-élargi) ou encore l'Union Nationale des Omnipraticiens Français (UNOF-CSMF) premier syndicat médical, ont souhaité interpeller le gouvernement sur la nécessité de prendre en considération la pénibilité des métiers du soin, notamment lorsqu'elle s'exerce sur des horaires de nuit durant toute une carrière.
"L’UNOF-CSMF exige par exemple que les gardes et astreintes effectuées la nuit et les week-ends, sans repos compensateur, générant stress, épuisement physique et psychologique avec à la clé une recrudescence des burn-out et suicides, soient désormais prises en compte dans le cadre de la pénibilité". (source: www.unof.org )
Le SNPHAR, lui,propose en pratique qu' "au-delà de 1 000 nuits travaillées sur une carrière, gardes ou déplacements en astreinte, on ne doive pas pouvoir imposer plus de 160 trimestres de cotisation au médecin qui s'estime usé physiquement par le travail de nuit".
«La retraite à 62 ans, c'est retenir un âge de raison»
Dans son interview au Figaro du 3 Août dernier, Eric Woerth, le Ministre du Travail, assurait que la réforme des retraites est "raisonnable, progressive et efficace" mais avouait avoir écouté les organisations syndicales en déclarant: " Nous devons regarder s'il n'est pas possible de mieux répondre aux situations de « pénibilité à effet différée », c'est-à-dire le cas des salariés qui ont eu une vie professionnelle très usante, sans que cela soit médicalement constatable au moment où ils partent à la retraite. Nous réfléchissons aussi à l'amélioration la prévention, car la première réponse à la pénibilité, c'est d'éviter d'y être exposé. Il faut aller plus loin sur cette question et améliorer la traçabilité des expositions à des situations avérées de pénibilité. Nous réfléchissons également à l'organisation de la médecine du travail pour qu'elle joue un rôle encore plus important dans ce domaine."
Que pensez-vous de ce mouvement des personnels soignants et médecins?
Et vous? Considérez-vous que votre travail est pénible?



[...] This post was mentioned on Twitter by blogAngels, déborah drai. déborah drai said: Une pénibilité en quête de reconnaissance http://bit.ly/avurql via @AddToAny [...]
Les patients de 57 ans qui sont en retraite depuis quelques temps trouvent normal que les médecins aillent loin en âge car ils sont peu nombreux et qu’ils aiment leur travail… !!! Oui ils aiment travailler nuit et jour y compris aux fêtes pour satisfaire les exigences des CMU et autres qui trouvent que la médecine ne progresse pas assez vite pour traiter au mieux la cirrhose qu’ils attrapent en étant vautrés devant leur télé HD en 3D.
Dans ce pays où triomphe la démagogie de bas étage, plus rien ne peut nous étonner.
Heureusement que les chauffeurs de TGV ont la retraite à 50 ans…au moins comme cela ils feront grève moins longtemps.
Si parmis les paramètres de pénibilité il y a les heures de travail par semaine, le % de suicides et l’espérance de vie, je ne me fais pas de souci. Mais je crains qu’ il soit plus probable qu’ils vont tenir compte des jours de grève et d’arrêt maladie…
Y en a qui vont se lâcher …. L’idée est à creuser, mais les mécontents qui critiquent tout sur tout ne vont pas se gêner et cela ne fera pas avancer un projet qui nous interpelle tous et toutes.
Je doute que nos dirigeants et la population connaissent la réalité des conditions d’exercice de notre profession : infirmier(e) !
Avez vous idée du rôle et de la place qu’occupent ces professionnels de santé, chargés de prendre soin de vos proches, de vos familles, de vos amis ? Travailler toujours plus, encore plus longtemps : quel acte de maltraitance vis-à-vis de la profession.
@tous : Merci pour vos commentaires, qui montrent bien que la pénibilité des professions médicales est un sujet sensible, qui vous tient à cœur.
Il est en effet frustrant de voir l’écart considérable entre la réalité du métier et l’idée que les patients s’en font. Une adaptation des paramètres de pénibilité selon la profession évaluée serait en effet une solution d’un réel intérêt pour les métiers du soin, dont la mission est très particulière et comporte de lourds impératifs.
Pensez-vous qu’une politique de prévention peut être mise en place pour votre profession et si oui, par quels moyens ?