Téléconsultation : une révolution ?

Ecrit le Mardi 2 novembre 2010 par Kap@blogueuse

Un décret de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire vient d’autoriser les téléconsultations en France. Mettant la santé à portée de clic, il promet des changements importants dans la pratique de la Médecine, ainsi que dans la relation entre patient et soignant. Nous vous proposons de réfléchir aux causes et aux conséquences de cette évolution si particulière.

Le succès de la télémédecine

La télémédecine n’en est pas à ses balbutiements. En effet, de nombreuses initiatives existent déjà de par le monde, comme aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre ou en Suisse. Dans ce dernier pays, plus de 4 millions de patients ont fait appel à la société Medgate dans ce but. 

En France, le téléconseil existe depuis quelques années : certaines agences se sont développées autour de ce service. Notre groupe a lui aussi voulu contribuer à cette logique de conseil. Le blog Kapa Santé en est le meilleur exemple : créé pour encourager le rapprochement des patients et des médecins, il vous permet d’avoir accès aux conseils d’experts, et est ouvert à toutes vos questions.

De plus, les innovations en télémédecine sont fortement encouragées : trois innovations ont retenu l’attention en juillet dernier lors des « Rencontres pour la modernisation de l’Etat » : un système de télémédecine en prison, un système d’envoi de SMS personnalisés pour rappeler les rendez-vous médicaux et un système ayant pour objectif de réduire les déplacements de patients en ambulance. De même, les équipements de soins à distance se multiplient.

La téléconsultation en réponse à l’isolement médical

Ce qui change avec le décret paru la semaine dernière, c’est la possibilité de téléconsultation, autrefois interdite : il est maintenant possible de faire un diagnostic et une prescription à distance. L’autorisation des téléconsultations vient en réponse aux problèmes de déserts médicaux et va permettre de compenser l’isolement médical de certains patients. Elle est accordée aux médecins autorisés à exercer en France.

Dans un article du Parisien, la Ministre de la Santé précise que « Les agences régionales de santé autoriseront les projets en tenant compte des besoins de la population, en concertation avec les professionnels de santé, les élus et l’assurance maladie. (…) Si ces consultations sont autorisées par l’agence régionale de santé, car elles répondent à un besoin des patients, alors elles seront remboursées. »

La procédure sera la suivante : il suffira de contacter, par téléphone, email ou par webcam, un médecin sur un site médical spécialisé. Ce dernier posera son diagnostic  et enverra une ordonnance par mail ou par courrier, au patient ou à son pharmacien. Les tarifs ne sont pas encore fixés, mais il semblerait que le prix de cette consultation rejoigne celui d’une consultation classique. Quant au remboursement, il sera à taux plein pour un patient isolé, et plus faible pour un patient habitant dans une ville bien pourvue en médecins.

Des difficultés en prévision

Bien sûr, la téléconsultation ne peut pas faire de miracle. Elle ne peut pas, par exemple, se substituer à une vraie consultation pour des pathologies graves. Son champ d’action se bornera donc aux « bobos » du quotidien, ainsi qu’aux conseils. Elle viendra donc avant tout en soutien à la médecine dans les zones où les médecins sont rares.

Mais, si elle est bien développée, la téléconsultation pourra aussi être un excellent outil pour assurer un suivi plus régulier de patients bien connus de leur médecin. Loin de déshumaniser les diagnostiques, elle pourrait permettre de renforcer la relation entre une personne malade et son docteur habituel.

Cette autorisation de la téléconsultation est donc très prometteuse. Bien sûr, une telle initiative doit être prise avec des pincettes, pour éviter certains écueils (substitution aux consultations de visu, porte ouverte aux réactions hypocondriaques…). Mais son développement pourrait à terme être fortement bénéfique.

Kapa Santé ajoutera-t-il cette corde à son arc ? Cela est fort possible. En effet, la politique de lutte contre l’isolement médical de notre groupe vise en effet déjà à s’implanter dans les lieux désertés par les médecins et à rapprocher les médecins des malades.  Kapa Santé a déjà fait un pas vers le téléconseil par le biais de son blog. Le passage à la téléconsultation pourrait être une voie complémentaire aux actions déjà entreprises.

Et vous, quel est votre avis sur cette évolution ? Pensez-vous avoir un jour recours à la téléconsultation ?

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8 commentaires sur “Téléconsultation : une révolution ?”

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  2. Richard a écrit :

    La téléconsultation manque encore d’outils performants. Voir la conférence “La révolution des objets communicants & intelligents pour la santé et du handicap” le 19 octobre dernier à Télécom ParisTech. Les retours terrains de l’IFREMMONT (Institut de Formation et de Recherche En Médecine de Montagne) étaient assez mitigés du fait d’un manque de fiabilité des instruments de télédiagnostic et des réseaux supposés les transmettre. C’est prometteur, mais comme tu le dis, la téléconsultation se limite pour l’instant aux cas bénins car les professionnels de santé ne veulent pas engager leur expertise sur la base de ce que le télédiagnostic permet aujourd’hui.

  3. rouas a écrit :

    pourquoi pas pour certaines pathologies
    interessant aussi en période d’épidémies
    pas d’attente dans les cabinets de consultations

    concernant les mauvais côtés, moins de visites pour les personnes isolées, ils seront encore plus seuls ; il sera encore plus dur egalement de se rendre compte de situations de maltraitance ou de souffrance….

    certainement que le côté économique a fait pencher le plateau (moins d’embouteillage aux urgences etc…)

  4. LAGIER Jean-Paul a écrit :

    Il ya plusieurs années que nous savons tous, nous les soignants, que le ministère de la santé se moque de la santé du public, c’est à dire des citoyens qui paient aussi bien les administratifs que les élus et en particulier Madame le Ministre de la Santé actuelle. Ce qui les préoccupe, à juste titre, c’est le fric! Il y a plus de consommateurs que de cotisants et ce sont ceux qui ne cotisent pas qui consomment le plus: équilibre des comptes impossible et ce n’est pas la faute des soignants!
    Bref devant cette situation on cherche la réductionb des coûts! Demandez à quelqu’un qui se tort de mal au ventre par ce qu’il est constipé de travailler comme si de rien n’était! C’est absurde mais nous l’avons accepté, les médicaments qui sont susceptible d’améliorer cet état de fait sont des “médicaments de conforts” (Devant cette absurdité, j’attends que l’on ne prenne plus en charge la chirurgie de la prostate puisqu’il s’agit d’une intervention qui permet l’élimination plus aisée de déjection)!
    Dans le même temps des progrés technologiques importants sont survenus et si l’on est capable de réaliser une greffe coeur-poumons, comment accepter de mourir encore d’une appendicite? “Il n’ya pourtant qu’a, il faut que,”, mais actuellement un diagnostic d’appendicite se fait sur quelques symptômes cliniques mais surtout sur la formule numération pour différentier une perforation gastrique ( les AINS sont en vente libre pour des raisons d’économie!), une occlusion intestinale etc… Le bon vieil examen clinique n’existe plus, on n’osculte plus, on fait une bronchoscopie, un scanner (une radiographie pulmonaire simple à l’époque suffisait mais maintenant qui sait la lire?) et un examen biologique sanguin pour diagnostiquer une banale “bronchite” qui maintenant s’appelle une “broncho-pneumopathie”.
    Alors nous en sommes venu à l’ère de l’examen technologique, de la numéristion, de La Mathématique! Et donc de l’INFORMATIQUE!
    Ce qui malheureusement différencie l’Homme de la machine, c’est qu’il a un cerveau et donc des émotions, un psychisme.
    Comment, en quelques “clicks”, savoir que Madame “Machin” quitte Monsieur “Machin”, qu’il est désespéré, qu’il se met à boire en oubliant trop souvent de prendre “ses médicaments” et puis qu’il est tombé, ou qu’il a eu une longue période “d’absence”, qu’il a une petite plaie sur le pied ou sur la jambe, alors qu’il est diabètique ou artéritique?
    Ce n’est pas grave, Madame, Monsieur, le Médecin de santé publique, Madame,Monsieur l’Administratif de la Sécurité Sociale, Madame, Monsieur employés du Ministère, Madame (pour le moment) la Ministre de La Santé.
    Les comptes seront équilibrés, mais les signes que je viens de décrire vont peut-être aboutir à un accident vasculaire cérébral, une amputation de jambe etc… Bravo, économisons un C (22 euro) et dépensons…….. plus que ça!
    Et de ces comptes d’apothicaire, moi, vieu médecin, je m’en fous complètement! Je me mets à la place du malheureux qui va faire un accident vasculaire ou que l’on va amputer par ce que j’aurais communiquer avec mon médecin en quelques “clicks”!
    Je voudrais ajouter, mesdames, messieurs “les ministérieux”, que les données médicales, secrètes, confidentielles,k transmises entre un patient et son médecin doivent être cryptées, ou alors le Conseil de l’Ordre des Médecins et la CNIL sont des fantoches du “progrés économique”!
    Ces propos sont acerbes, je les assume pleinement et je suis prêt à y répondre devant toutes les instances, ce que je souhaiterais c’est que les gens qui adhèrent à ces idées me contactent tout simplement par ce que l’union fait la force!

  5. BIALEOKO a écrit :

    Dans notre spécialité de chirurgie esthétique, nous pratiquons tous plus ou moins , et depuis un temps certain , la téléconsultation , aussi bien comme pré-consultation pour échanger des informations ou analyser des photographie pré-opératoires , que pour le suivi opératoire ( pareillement par échanges textuels ou analyse photo).
    Cette téléconsultation concerne évidemment des patient(e)s potentiel(le)s ou déjà opéré(e)s géographiquement éloigné(e)s. Elle permet de conseiller, d’orienter ou de récuser, de rassurer ou au contraire d’alerter , mais ne se substitue en aucune façon à une consultation pré-opératoire qui reste indispensable avant toute intervention , ou post-opératoire lorsqu’il existe le moindre doute de survenue d’une complication .

  6. Kap@blogueuse a écrit :

    @ tous : Merci pour vos réactions toutes plus intéressantes les unes que les autres.

    Nous sommes d’accord, la téléconsultation ne pourra jamais se substituer à une consultation normale. Cette dernière reste et restera indispensable. La possibilité de poser un diagnostic à distance est cependant un appui intéressant, qui, bien utilisé, peut jouer en faveur d’un rapprochement entre un médecin et son patient. Il n’en reste pas moins, comme le rappelle très justement @LAGIER Jean-Paul, que la mise en place de la téléconsultation en France nécessitera une attention particulière sur la protection des données mais aussi sur son coût, car la question économique est d’importance. Autre problème également : la technologie employée sera-t-elle à la hauteur ?

    Ces questions ne trouveront une réponse que dans la pratique.

  7. gouron a écrit :

    la téléconsultation est une bonne solution

  8. sante31 a écrit :

    je pense que la téléconsultation est une bonne chose ça va faire gagner du temps des déplacements inutiles ont polluera moins.

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