Le 15 novembre dernier, l'Etablissement Français du Sang (EFS) lançait une grande campagne nationale de mobilisation et de sensibilisation pour appeler les français à donner leur sang. Régulièrement, l'EFS tire la sonnette d’alarme sur l’état critique des stocks, alors que les besoins, eux, augmentent.
Comment expliquer cette pénurie chronique ? Quelles sont les pistes de réflexions à explorer ?
Entre 2009 et 2010, le don du sang a chuté de 25%. Hôpitaux et cliniques sont donc en pénurie. Sans stock de sang, notre efficacité à sauver des vies est sérieusement mise à mal. N’oublions pas que chaque année 500 000 personnes sont perfusées. Si l’on se réfère à l’enquête Mingle Trend réalisée en novembre dernier, 50 % des français n’ont jamais donné leur sang. Si les hommes donnent plus que les femmes, le critère segmentant reste l’âge. Sur la classe « 18-19 ans », 69 % n’ont jamais donné leur sang. Dans la tranche des « 20-29 ans », 61% n’ont jamais donné. Les 60-69 ans, sont la tranche la plus mobilisée avec 59% qui ont déjà fait un don.
200 000 dons manquent à l'appel
Chaque année, pour répondre aux besoins, l’EFS qui s’occupe de la collecte et de la distribution de sang, estime qu’il manque 200 000 dons. 90 % des Français pensent qu'il est bien de donner, pourtant, seulement 4 % des personnes qui sont en âge de donner le font. Faites l’expérience autour de vous: « Donner mon sang, oui bien sûr ! Mais j’hésite », voilà ce que l'on entend la majeure partie du temps. La peur de l’aiguille et les éternelles questions sur les mesures d’hygiène et de sécurité empêchent la plupart des récalcitrants à franchir le pas. Que faire pour rassurer les frileux ?
Politiques et professionnels de santé se mobilisent. Faire reconnaître le don de sang comme grande cause nationale, faire reculer l’âge limite des donneurs de 65 à 69 ans: les pistes à explorer sont diverses. Certaines sont même taboues comme la rémunération. En France, comme en Belgique d’ailleurs, le don est volontaire et désintéressé. En Afrique, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis et en Allemagne, il est rémunéré. Outre-Rhin, les donneurs reçoivent pour leur geste 15 à 18 €.
Doit-on rémunérer les dons de sang ?
La France viendra-t-elle à franchir le Rubicon pour en finir définitivement avec la pénurie ? Pas sûr. Le 14 mai 2009, interrogée au Sénat, la Ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot a rappelé au principe éthique de non-rémunération du don du sang. Dans le même temps, les dons de sang rémunérés sont autorisés dans le cas de la recherche des laboratoires pharmaceutiques. C’est d’ailleurs, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) qui est chargée de délivrer les autorisations.
En matière de dons, l'offre et la demande sont souvent inégales… Peut-on penser que le système perdure? En tout cas, le débat reste ouvert. Et l’urgence, elle demeure criante.
Professionnels de santé, êtes-vous inquiets de cette pénurie ? Et vous, patients? Avez-vous déjà donné votre sang ? Si oui, comment cela s’est-il passé ? Si non, qu’est-ce qui vous en empêche ? Pensez-vous que la rémunération du don de sang puisse faire augmenter le nombre de donneurs ? Si le don de sang était rémunéré, iriez-vous faire un don ? Racontez-nous votre point de vue…



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bonjour,
A 26 ans je n’ai toujours pas donné mon sang, jamais le temps, jamais le bon moment …et je le déplore car je sais que c’est important et que nous pouvons tous à un moment en avoir besoin.. donc pourquoi pas organiser une journée don du sang sur le lieu de travail… comme ça, pas d’excuse pour ne pas y aller ! moi la première….
@Oréli:
Donner son sang sur son lieu de travail, l’idée est judicieuse: parlez-en à votre employeur! De plus, sachez que la loi le permet.
En effet, en juillet 2009, répondant à la question d’un sénateur sur la réglementation relative aux autorisations d’absence accordées aux salariés pour donner leur sang, Roselyne Bachelot-Narquin, la Ministre de la Santé de l’époque, a rappelé que « le code de la santé publique prévoit des mesures pour faciliter l’accès au don du sang compatibles avec les principes de volontariat et de bénévolat des dons auxquels la France est attachée ».
L’article D. 1221-2 du code de la santé publique stipule que la rémunération versée par l’employeur au donneur, au titre de son activité professionnelle, peut être maintenue pendant la durée consacrée au don de sang, c’est-à-dire pendant une durée comprenant le déplacement entre le lieu de travail et le site de collecte, l’entretien préalable au don, les examens médicaux, le prélèvement et la collation offerte après le don.
Merci pour votre commentaire et bonnes fêtes de fin d’année.
Je suis gastro-entérologue (dans le groupe Kapa) et prend en charge de nombreux patients atteints d’hémochromatose génétique. Le seul traitement efficace est représenté par des saignées, hebdomadaires de 400/500 ml au début pendant la phase d’attaque qui peut durer plusieurs mois puis à vie en traitement d’entretien plus espacé.
Cette maladie touche environ 200.000 personnes par an.
Ce sang retiré n’est aucunement “polué” et non dangereux s’il n’est pas transfusé à des patients porteurs de la maladie génétique.
Depuis l’affaire du sang contaminé qui a vu traduire en justice des responsables politiques (oh, sacrilège), le principe de précaution LIBERTICIDE a été érigé en dogme constitutionnel et ces millions de litres de sang ont été tout simplement jetés.
Il semblerait que le pragmatisme revienne mais on peut afirmer que ce sont les pouvoirs publics qui ont organisé la pénurie que l’on vit actuellement.
C’est très intéressant ce que vous nous annoncez Monsieur Pierron, mais pour nous qui ne sommes pas médecins, ça paraît totalement fou!!! Pourquoi n’y a t’il pas un mouvement de la part du corps médical français envers les pouvoirs publics pour faire entendre raison???
Il y a eu un mouvement et les choses semblent redevenir raisonnables comme l’indique mon confrère dans une réponse ci-dessous.
Mais quel retard de pris en vertu du sacro-saint principe de précaution, je confirme LIBERTICIDE, qui n’est en fait qu’un paravent juridique pour les hommes politiques.
Bonnes fêtes
Je suis aussi hépato-gastro-entérologue, à la clinique d’Epernay, du groupe Kapa.
Les patients porteurs d’hémochromatose peuvent maintenant faire don de leur sang ( grâce à l’activité de certains hépatologues); cependant, les dons habituels et fréquents (parfois hebdomadaires) ne doivent pas réduire les précautions habituelles; en cas de fièvre, de syndrôme infectieux même minime, une saignée à visée thérapeutique peut être effectué, mais pas un don de sang.
Les médecins et étudiants en médecine, donneurs de sang, représentent un faible pourcentage des donneurs …
Alors il faut poursuivre ces actions pour les généraliser et les faire connaître, ça paraît essentiel; même si nous ne pouvons faire abstraction des principes de précaution, les dangers sont trop importants;
et pourquoi les médecins et étudiants en médecine ne donnent – ils pas leur sang? il y a une raison spécifique? merci de me répondre en tous cas, je ne suis pas médecin, et vos points de vues sont intéressants, ils permettent de mieux comprendre les choses…
Les religions des fous de dieu ( tdj et musulmans) interdisent le don de sang , et les tdj l’apport du sang dans leur corp .
Mais les muslims , s’ils ne le donnent pas , ne craignent pas d’en recevoir des koufars en cas d’urgence !